LE PRÉSIDENT TSHISEKEDI ET LE DEVOIR DE MÉMOIRE SUR LUMUMBA

 

Il n’était pas encore né lorsque le tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Patrice Emery Lumumba, prit la tête du gouvernement à l’accession du pays à l’indépendance, le 30 juin 1960. L’actuel président de la République, Félix
Tshisekedi, n’était pas davantage au monde lorsque Lumumba et ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, furent arrêtés, martyrisés puis transférés au Katanga, où ils furent exécutés sur le site de Shilatembo, le 17 janvier 1961.

Né le 13 juin 1963, soit plus de deux ans après ces tragiques événements qui ont
marqué les premières heures de l’indépendance congolaise, Félix Tshisekedi a néanmoins assumé son devoir de mémoire.
Contrairement à ses prédécesseurs à la tête du pays, il a posé plusieurs actes concrets
en hommage au héros national Patrice Emery Lumumba.

La restitution des restes de Lumumba

Le premier geste majeur a consisté à engager, en concertation avec la famille Lumumba, des discussions avec les
autorités belges afin d’obtenir la restitution des restes de l’ancien Premier ministre.
Il s’agissait de la dent conservée pendant plusieurs décennies par l’ancien policier belge Gérard Soete, impliqué dans la disparition du corps de Patrice Lumumba après son assassinat. La remise officielle de cette relique à la famille Lumumba est intervenue le 20 juin 2022 au palais d’Egmont, à Bruxelles, en présence des autorités belges et d’une délégation congolaise conduite par le Premier ministre. Le 22 juin 2022, la relique a été rapatriée
à Kinshasa avant d’être présentée au peuple congolais au cours d’un pèlerinage national
marqué par une forte émotion populaire. Les principales étapes de ce parcours mémoriel furent Kisangani, où Lumumba fit ses premiers pas en politique, Onalua, dans le territoire de Katako-Kombe (province du Sankuru), son village natal où il naquit le 2 juillet 1925, puis Shilatembo, près de Likasi, dans l’actuelle province du Haut-Katanga, lieu de son assassinat aux côtés de Maurice Mpolo et Joseph Okito.

Des funérailles nationales

Le président Félix Tshisekedi a organisé les cérémonies officielles d’hommage avec les
honneurs dus à celui qui demeure l’une des plus grandes figures de l’histoire politique
congolaise. Les restes de Patrice Lumumba reposent désormais dans un mausolée érigé à l’Echangeur de Limete, sur le boulevard Lumumba, devenu l’un des sites emblématiques de la capitale congolaise.
Dans son allocution prononcée lors de la cérémonie d’inhumation, le chef de l’État avait déclaré : «Je remercie les autorités belges pour avoir contribué au rétablissement de la vérité sur le triple assassinat de Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito. Ce n’est qu’après avoir établi la vérité et les responsabilités des uns et des autres que nous pourrons,
Congolais et Belges, entamer l’étape déterminante du pardon, de la justice et d’une réconciliation véritable et définitive».
Parmi les autres initiatives engagées figure également l’opérationnalisation de Lumumbaville, projet annoncé par le
président Félix Tshisekedi et financé notamment grâce aux ressources additionnelles issues de la renégociation du
contrat sino-congolais, à hauteur d’environ 11 millions de dollars. Ce projet vise à donner
un contenu concret à la ville portant le nom du héros national et à contribuer au développement de cette partie du pays.

Juliana Lumumba sur la scène internationale

Le chef de l’État a également contribué au rayonnement international du nom de Lumumba en proposant la candidature de sa fille, Juliana Lumumba Amato, au poste
de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), au nom de la République démocratique du
Congo, premier pays francophone du monde par le nombre de locuteurs. Selon les autorités congolaises, cette candidature repose avant tout sur les compétences et le parcours de Juliana Lumumba. Au cours
de sa campagne internationale, notamment en France, elle a plaidé pour «une refondation de la Francophonie» afin d’en
faire «une Francophonie des peuples», une vision qui a retenu l’attention de plusieurs observateurs.

Sankuru Médias/ACP 

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