Reddy Amisi : «Papa Wemba a transmis une école de discipline, d’élégance et de travail»

Lors du concert en mémoire d’Ekumanyi Papa Wemba le samedi 30 mai à Paris en France, le chanteur Reddy Amisi a trouvé des mots justes pour célébrer l’école d’excellence de son mentor Shungu Wembadio Pene Kikumba.
«Papa Wemba a transmis une école de discipline, d’élégance et de travail. C’est cet ADN que je porte et que je transmets», a révélé Reddy Amisi.
Tel un prince qui honore son roi, ce fidèle disciple du vieux Bokoul a saisi l’occasion d’une pause, pendant la production organisée sur initiative du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, pour saluer sur le podium la mémoire de son maître. Shungu Wembadio Pene Kikumba. Un homme dont la multitude de sobriquet donne un bref aperçu sur sa personne et son oeuvre: Papa Wemba, Ekumanyi, Nkuru yaka, vieux Bokoul, Bokulaka, le Roi de la sape, Fula ngenge, le rossignol, le grand mayas, maître d’école, formateur des idoles (Foridoles), …
Témoin de l’événement, un opérateur culturel congolais contacté par l’Agence congolaise de presse (ACP) n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ce fidèle élève de son maître.
«Dans sa construction artistique, Reddy Amisi a porté l’ADN de Papa Wemba. Pendant près de 20 ans à ses côtés, il a assimilé cette discipline, ce sens du travail et cette exigence artistique. Aujourd’hui, il s’est imposé comme l’un des plus dignes héritiers et porteurs de la rumba congolaise», a indiqué Eddy Ngombe Mwene.
«Comme les grands artistes, Reddy Amisi a bâti un répertoire qui a accompagné les générations. Ses chansons sont restées des repères, des fragments de parcours, des morceaux de vie, parfois même le récit d’une existence entière. Elles ont exhorté, encouragé, galvanisé et éclairé le public », a-t-il expliqué. Tout en ajoutant qu’à travers cette prestation scénique, celui qu’on appelle affectueusement «Bailo Canto» a fait vibrer la salle du Quai Branly au rythme d’une rumba exigeante
Selon cet homme de culture, le patron de la ‘‘Casa do canto’’ a tissé un pont entre mémoire et création en revisitant les standards appris à ‘‘Viva La Musica’’ et en y ajoutant la signature de sa carrière solo.

La rigueur de Papa Wemba

«Le public était venu écouter des titres puisés dans ses albums avec Viva l musica et dans sa carrière solo, dit-il. Chaque chanson a rappelé la rigueur apprise auprès de Papa Wemba et la liberté conquise en solo». Sur scène, ‘‘Bailo Canto’’, expression espagnole signifiant littéralement ‘‘je danse, je chante’’, a ouvert le plateau à plusieurs figures de la rumba évoluant en Europe.
«Le concert s’est ouvert sur un medley des grands titres de Papa Wemba. Ses camarades de route et des voix de la nouvelle génération se sont succédé : Lidjo Kwempa, Djuna Djanana, Fofo le Collégien, Patient Kusangila, Rama Ramazani, Lady Miyembe, Iko Yoka Lokole, Alcapone Titina et Fila Basele ont chacun apporté leur contribution», a-t-il précisé.
Pour Eddy Ngombe Mwene, cette succession d’invités a donné au concert sa dimension symbolique, donnant une véritable connotation d’hommage à une légende du clan la Musica.
«La scène est devenue un carrefour de mémoires. Les anciens du groupe Viva-la-Musica et les héritiers ont chanté ensemble. C’était la preuve vivante que l’école d’excellence de Papa Wemba continuait de former et de rassembler», a-t-il conclu.

Plus de 50 ans dans l’art d’Orphée

Natif de Kinshasa, Rémy Namwisi Ngoy, connu sous le nom de Reddy Amisi, a débuté sa carrière musicale en 1975 au sein du groupe Chem Yetu. Entre 1976 et 1980, il a évolué dans plusieurs ensembles musicaux, notamment Sambole Master Ngombe, No Lingwala, Juvenil et Likamuisi. Grâce à Koffi Olomide, son talent a été repéré par Papa Wemba, qui l’a intégré à l’orchestre Viva La Musica où il a presté de 1982 à 2001. Après son départ de Viva, le chanteur a poursuivi son parcours avec constance dans l’écriture de chansons à portée morale et sociale. Il a marqué la musique congolaise à travers plusieurs titres à succès, dont «Bomengo ata kala», «Sala keba», «Orphelin», «Profitez !», «Étoile»…
ANT

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